Où sont les masques ? À nous de nous équiper

C’est l’objet le plus tendance du printemps 2020, et le plus indispensable. Mais attention, tous les masques ne se valent pas et ne doivent pas être utilisés n’importe comment.
Différents types de masques

Il n‘a pas été facile de démêler toutes les info et intox véhiculées sur internet quant aux masques. De manière générale, un masque de protection est un dispositif destiné à protéger l’utilisateur de l’inhalation de poussières nocives, d’agents pathogènes, fumées, vapeurs, ou de gaz. Dans le contexte sanitaire actuel, le masque de protection sert à limiter la propagation du virus qui se transmet de façon aéroportée, c’est-à-dire par gouttelettes (toux et postillons), par transmission aérienne ou par contact (poignée de porte, caddie, etc.).

 

Deux catégories de masques sont à distinguer :

– les masques anti-projections dits “chirurgicaux” : ils vont retenir les gouttelettes et les sécrétions du nez et de la bouche. Réservés en priorité au personnel médical, ils sont aussi recommandés en tant que geste barrière, et doivent être changés toutes les 3 heures.

– les masques de protection respiratoire individuelle (de type Ffp2) : ils vont protéger la personne qui en porte contre l’inhalation d’agents infectieux transmis par voie aérienne. Il ne s’agit pas d’un dispositif médical, cependant, il est réservé au personnel soignant en contact direct avec les malades. Dotés d’une partie faciale et d’une partie filtrante (pastille), ils peuvent être utilisés jusqu’à huit heures.

Fabrication d’un masque barrière

L’Académie Nationale de Médecine recommande le port du masque même alternatif (dit “masque barrière”) : aucune précaution ne doit être prise à la légère ! Pour réaliser un masque de protection, plusieurs techniques sont envisageables selon les moyens et matériaux dont vous disposez. Même s’il ne s’agit pas d’un masque de type Ffp ou chirurgical, un masque artisanal qui suit les recommandations du référentiel de fabrication des masques de l’Association française de normalisation (AFNOR) et qui est correctement utilisé réduit les risques de contamination.

Le plus important est que votre masque fait-main doit impérativement couvrir le nez, la bouche et le menton. Voici un premier moyen simple de fabriquer un masque de protection : avant toute chose, se laver les mains ! Vous aurez besoin de tissu lavable, d’élastiques et d’un filtre (mouchoir ou serviette en papier ou filtre à café par exemple). Ce masque doit être lavé à 60° après chaque utilisation et son filtre a besoin d’être changé après chaque lavage.

1. Pliez le tissu en trois sur la largeur

2. Ajoutez deux élastiques, un de chaque côté

3. Repliez les deux extrémités pour qu’elles se rejoignent au milieu

4. Insérez le filtre en-dessous

5. Faites glisser l’extrémité dans l’autre afin de fermer la boucle

Pour celles et ceux qui sont pourvu.e.s de matériel de couture (machine à coudre ou fils et aiguilles), voici le tutoriel d’un masque typique. Vous aurez besoin de tissu, d’une paire de ciseaux, d’une aiguille et de fil, d’un fer à repasser. Gardez en tête que l’AFNOR rejette tout modèle qui comporte une couture au milieu du masque, il est important que celles-ci interviennent aux extrémités.

Plusieurs tissus, plusieurs efficacités

Tandis que certains tissus se révèlent être totalement inutiles dans cet exercice, d’autres sont à prioriser. Une étude a montré l’efficacité de différents textiles (du filtre d’aspirateur au torchon de cuisine) dans le filtrage des micro-particules et a classé par efficacité les textiles suivants : coton, polyester, micro-polaire, jersey, tricot 100 % acrylique, viscose et polycoton.

 

Veillez à bien laver les tissus avant de fabriquer vos masques et avant de les porter.

 

Pour améliorer leur efficacité, je vous conseille également de les doubler pour augmenter le quadrillage du tissage, en glissant une troisième couche entre les tissus. Un mouchoir en papier, du papier toilette ou encore un filtre à café feront l’affaire. 

 

Ces masques artisanaux permettent d’éviter de contaminer notre environnement, mais ne dispensent pas des règles d’hygiène élémentaires. Il est donc important de rester concentré sur la distanciation sociale inhérente à la situation actuelle. Si ce virus est pour l’instant connu pour sa transmission aérienne et par gouttelettes, isolons la source pour qu’il n’y ait plus de transmission. 

 

Cela dit, je reste convaincue que le port du masque entraîne inconsciemment un comportement différent de celui que nous adoptons d’ordinaire. De la même façon qu’un uniforme confère une attitude y correspondant, le masque matérialise le danger de la situation et nous amène à des gestes de prudence relative à celui-ci. Alors que le virus reste impalpable, cela nous permet de nous rendre compte du danger et d’y associer un comportement adéquat.

Céline Ragonneau | Rédactrice, Cosméticienne

Créatrice de la marque Floralie dédiée à la fabrication de produits naturels labellisés Nature et Progrès, et passionnée de botanique et de chimie.

Fabienne Bonvin Prongué | Rédactrice, Infirmière

Ancienne infirmière instrumentiste au CHUV en Suisse. Formée aux règles d’hygiène et d’asepsie ainsi qu’aux différents dispositifs médicaux de protection.

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