Le virus du classique : Ep.1 Gustav Mahler

Bienvenue dans ma discothèque confinée. J‘y choisis pour vous des pièces du répertoire en fonction de leur caractère qui peuvent vous aider à aller mieux.

Voici quelques clés d’écoute pour découvrir les trésors de ma collection symphonique, œuvres du répertoire dit classique, certaines très connues du grand public, d’autres moins. Que nous soyons amateurs ou juste curieux, ces musiques font écho à nos sentiments et constituent autant d’opportunités pour approfondir ou changer notre humeur.

Episode 1 : Le Finale de la 3ème symphonie de Gustav Mahler, évocation du paradis

Une symphonie est un morceau de musique écrit en général pour orchestre, et en plusieurs parties. On les appelle mouvements, ils sont de caractères différents, avec des rythmiques différentes, des vitesses (tempi, tempo au singulier) différentes. On utilise surtout des termes italiens par convention, depuis des siècles, et c’est vers la fin du XIXème siècle que les compositeurs commencent à noter les différentes indications dans leur propre langue sur les partitions.

Gustav Mahler est un compositeur autrichien né en 1860 et mort en 1911, à la fin de la période romantique. Vous l’avez sûrement déjà entendu sans le savoir, par exemple dans des films comme Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré, Shutter Island de Martin Scorcese, ou Mort à Venise de Luchino Visconti (liste non exhaustive). Ses symphonies sont des œuvres magistrales, longues, et écrites pour un orchestre imposant. Et pour cause, sa 3ème symphonie à laquelle nous nous intéresserons aujourd’hui est une des plus longues jamais écrites ! Chacun des six mouvements décrit une étape de la Création, ou ce que Mahler ressent de chacun de ces éléments : la Terre, les Fleurs, Les Animaux, L’Homme, Les Anges, L’Amour.

Mais pas d’inquiétude, nous nous intéresserons ici au Finale, c’est-à-dire le dernier mouvement. Il dure environ 20 minutes.

Le Finale évoque donc l’Amour, ou éventuellement le Paradis, ou encore ce que cela provoque comme émotions à Mahler. Il commence avec le thème principal aux instruments à cordes (violons, altos, violoncelles, contrebasses), appelant au calme et la sérénité, très intime, une impression d’Infini. Plus tard, avec l’apparition des autres instruments de l’orchestre, le sentiment de quiétude se transformera un peu pour devenir plus tourmenté. L’alternance de ces deux caractères évolue et l’ambiance devient moins intime, avec des envolées lyriques, et vous savez, ces émotions qui vous font un creux dans le bide ? Cette sensation du diaphragme qui remonte dans la gorge ? Parfois même les larmes qui montent aux yeux… Tout ceci pour revenir aux caractères du début toujours en alternance, mais qui vont chacun toujours plus loin.  Ensuite, grand calme. Puis la flûte évoque un sentiment de fragilité, le sentiment d’être perdu peut-être ?

La réponse arrive grâce aux instruments cuivres (trompettes, trombones, cors, tuba, en métal comme le nom de leur famille l’indique). En jouant piano (doux), puis peu à peu allant crescendo, ils vont faire terminer la pièce à l’ensemble de l’orchestre dans un forte glorieux, tel un orgue, rythmé par les timbales dont on se demande si elles vont s’arrêter un jour.

L'extase en musique.

Cette pièce provoque beaucoup d’émotions, toutes personnelles. Des images peuvent aussi nous venir (des souvenirs, de grands paysages). D’une atmosphère calme dans l’ensemble, soit intime, soit grandiose ; elle convient parfaitement aux moments calmes, à la méditation, mais elle peut se révéler une aide solide dans des moments d’angoisse, de désarroi, de charge mentale.

N’hésitez pas à écouter les autres mouvements si le Finale vous a plu. 

Une des versions que je préfère est celle de l’Orchestre du Festival de Lucerne, dirigé par Claudio Abbado. Le Finale se situe à 1:12:28.

Informations utiles

Gustav Mahler

Gustav Mahler (prononcé [ˈɡʊstaf ˈmaːlɐ] en allemand), né à Kaliště dans l’Empire d’Autriche le 7 juillet 1860 et mort à Vienne le 18 mai 1911, est un compositeur, chef d’orchestre et pianiste autrichien.

Plus célèbre en son temps comme chef d’orchestre, son nom reste attaché aujourd’hui à une œuvre de compositeur dont la dimension orchestrale et l’originalité musicale jettent un pont entre la fin du XIXe siècle et la période moderne. Il est l’auteur de dix symphonies (la réduction d’orchestre de la dernière est complète, mais son orchestration est inachevée) et de plusieurs cycles de lieder.

Pour plus d’informations suivre la source: Wikipedia

 

Symphonie nº 3 (Mahler)

La Symphonie n° 3 en ré mineur de Gustav Mahler a été composée durant les étés 1895 et 1896 à Steinbach am Attersee. C’est la plus longue des symphonies du compositeur, avec près de cent minutes. C’est aussi la deuxième symphonie la plus longue de tout le répertoire classique, après la Symphonie n° 1 de Havergal Brian, d’une durée de presque deux heures.

La symphonie comporte six mouvements :

Kräftig. Entschieden (Avec force. Décidé)

Tempo di Minuetto. Sehr mäßig (Tempo de menuet. Très modéré)

Comodo. Scherzando. Ohne Hast (À l’aise. Avec légèreté. Sans hâte)

Sehr langsam. Misterioso. Durchaus ppp (Très lent. Mystérieux. D’un bout à l’autre pianissimo)

Lustig im tempo und im Austdruck (Joyeux dans le tempo et effronté dans l’expression)

Langsam. Ruhevoll. Empfunden. (Lent. Paisible. Bien ressenti)

Pour plus d’informations suivre la source: Wikipedia

Jean LePierre | Rédacteur, Musicien

Musicien au sein d’un Orchestre National français. Amateur de vulgarisation de sujets extrêmement variés souhaitant démystifier des a priori sur la musique classique.

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