Animaux de compagnie et SARS-CoV-2

Evitons la paranoïa et les réflexes absurdes. La science, comme les autorités, affirment qu’il ne faut pas s’inquiéter.

Pour les immunologues, près de deux tiers des maladies infectieuses humaines existantes sont zoonotiques : « elles se transmettent des animaux vertébrés à l’Homme, et vice-versa ». Ils relèvent aussi que plus de 75% des agents pathogènes des maladies infectieuses humaines sont d’origine animale. On imagine donc logiquement un lien entre animaux et virus Covid-19 (SARS-CoV-2).

Cela s’inscrit dans la logique systémique de la santé, défendue depuis plusieurs dizaines d’années par de nombreux scientifiques au sein du mouvement One Health : une seule planète, une seule santé. Selon eux, il existe une interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé de l’environnement. Elles sont intrinsèquement liées.

Aucune preuve que les animaux de compagnie et d’élevage jouent un rôle dans la propagation du virus

Mais s’il existe une relation entre l’environnement, les Hommes et la faune, cela veut il dire que nos animaux présentent un danger pour nous ? 

 

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) est rassurante. Elle affirme qu’ « à la lumière des connaissances scientifiques disponibles, il n’existe aucune preuve que les animaux de compagnie et d’élevage jouent un rôle dans la propagation du virus SARS-CoV-2 à l’origine de cette maladie ».

 

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), qui regroupe 182 pays, confirme cette position. « La propagation actuelle du COVID-19 est le résultat d’une transmission d’Homme à Homme. À ce jour, rien ne prouve que les animaux de compagnie puissent propager la maladie. Il n’est donc pas justifié de prendre des mesures à l’encontre des animaux de compagnie qui pourraient compromettre leur bien-être. »

Les pouvoirs publics assurent que « le coronavirus COVID-19 se transmet entre humains, via les gouttelettes respiratoires » et que « au vu des connaissances actuelles, les animaux de compagnie ne transmettent pas le virus COVID-19 ».

 

Toutefois, ils recommandent de respecter certaines consignes sanitaires. L’être humain atteint du COVID- 19 peut, en caressant un animal, en l’embrassant ou en le prenant dans ses bras, y déposer des gouttelettes respiratoires. Le virus pourrait vivre quelques heures sur les poils.

L’ANSES préconise donc :

de respecter les distances entre les animaux et les personnes malades ou présumées malades ;

de ne pas laisser un animal lécher le visage ;

de nous laver les mains avant et après avoir caressé un animal qui n’est pas le nôtre ;

et surtout de ne pas maltraiter notre animal en le nettoyant avec des produits inadaptés (ex : eau de javel).

« Comme un membre de la famille »

L’animal de compagnie peut donc être considéré comme un membre de la famille, auquel il est nécessaire d’appliquer « le même niveau de précaution pour prévenir les contacts avec une personne malade ou suspectée de Covid-19 » (OIE).

 

Il n’est donc absolument pas justifié de se séparer de son animal ! En France, l’abandon est puni de 2 ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende (article 521-1 du Code pénal).

Au contraire, les animaux constituent aussi une source de réconfort en ces périodes d’inquiétude.

Questions de définitions :

Le Covid-19 est la maladie causée par le Virus Covid-19 (ou scientifiquement nommé SARS-CoV-2 par le Comité International de Taxonomie des Virus).

Zoonoses : maladies ou infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l'Homme, et vice-versa. On parle d’infections zoonotiques.

Yoghi | Rédacteur, Activiste antispéciste

Impliqué dans le combat antispéciste depuis son adoption, il obtient son diplôme en philosophie et histoire du cinéma entre une sieste et des câlins. Actuellement il travaille dans une clinique vétérinaire.

Copy link